2021

Gentaro Murakami

"déracinés"

nouveaux horizons en peinture

Originaire du Japon, il vient d’Imabari, ville bordée par la mer intérieure de Séto, dans le sud-ouest de l’archipel.
Son père, Koji Murakami, peintre également, a fait ses études d’Art en France dans les années 80. Il a transmis à son fils son goût pour l’Art occidental, ce qui l’a conduit dans l’Hexagone il y a une dizaine d’années.
Après ses études dans deux écoles d’art en Bourgogne (Chalon-sur-Saône et Dijon), Gentaro décide d’y rester et d’y mener sa carrière de peintre.
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Comme il est passionné par l’histoire moderne, sa démarche picturale porte sur l’interprétation d’images d’archives, issues de photographies ou de films : il s’inspire particulièrement de scènes du quotidien intimement liées à certaines époques et à certains pays (Japon / pays occidentaux).
Dans l’ensemble de ses toiles, la présence humaine occupe la place principale. Dans ses «rencontres» avec les images, il s’attache avant tout à saisir le détail de chaque expression précise, comme le regard, la posture, etc.
L’artiste questionne d’ailleurs le rendu narratif et à la fois évocateur du cinéma historique. Pour ce faire, il expérimente d’abord les couleurs. Ainsi la série «verte», qui utilise une tonalité traditionnellement peu usitée au cours de l’histoire de la peinture, est emblématique de ses recherches.
En se servant du vert comme fond, il a de cette couleur une approche nouvelle, faisant subtilement allusion à la technique d’incrustation utilisée par le cinéma pour créer des effets visuels. Il l’utilise parfois aussi pour des éléments de premier plan. Ce recours au vert permet d’obtenir un aperçu onirique ou « incomplet » de la scène.
La référence au cinéma se retrouve également dans la mise en place des personnages, connus ou inconnus, auxquels il attribue un nouveau rôle, figures du passé transposées dans un autre contexte, purement de peinture, celui-là. Cette pratique permet une mise en lumière différente qui favorise le lien entre la perception et le ressenti de la personne qui se trouve en face.
D’autre part, le recours à la mise en couleur d’images d’archives permet de rendre le passé proche de notre environnement, ce qui faciliterait alors notre immersion dans les scènes historiques (ce procédé est d’ailleurs fréquemment utilisé dans des films documentaires d’aujourd’hui).
Le choix du format des tableaux est également important selon l’artiste : «S’il est petit, cela nous obligerait à nous en approcher, ce qui crée une distance intime avec la toile. En revanche, face au grand format, nous prenons du recul afin de mieux saisir la scène dans son ensemble. J’adapte ainsi la taille des sujets en fonction de mes intentions dans le but de créer un nouveau lien entre l’intérieur des peintures et l’espace d’exposition...».
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Le travail de Gentaro est en constante évolution. Dès les débuts de sa pratique de la peinture, il s’est toujours intéressé aux gestes bruts des pinceaux et aux rendus plus épurés.
Avec les esquisses à l’encre qu’il réalise depuis le premier confinement, il s’entraîne tous les jours à trouver un équilibre entre le réalisme de la photographie, du cinéma, et le minimalisme propre à la calligraphie orientale.
Certaines de ses dernières toiles ont été réalisées d’après ses «encres». Le «vert» semble à présent passer au blanc ou à une nuance aussi légère que la lumière. Ainsi, ce vide fusionne avec le fond de la toile ou les murs de l’espace d’exposition et nous laisse à nouveau une autre perception. Ces personnages «déracinés» des images trouvent de nouveaux horizons en peinture...

Exposition du 19 mai au 12 juin 2021
Entrée libre Tous les jours de 14 h à 18 h sauf le mardi

Ama, 2021.jpg
Ama, huile sur toile, 60 x 60 cm, 2021.