© Art Image Chalon-sur-Saône 2000

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2012

Cécile MEYNIER

 

Pot pourri

Née le 06 juillet 1978 à Lons le Saunier,

 

Vit et travaille à Besançon - Cofondatrice de Toshiba House & présidente de Seize mille: réseau d'art contemporain en Bourgogne Franche-Comté

Études artistiques à l’École des Beaux-Arts de Besançon

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En musique, un pot-pourri est un mélange d'airs divers qui joue sur la connivence, la nostalgie et le plaisir du "déjà connu".

À la chapelle du Carmel, Cécile Meynier composera de la sorte un collage hétérogène, peut-être incohérent, d'œuvres récentes.
Elle saisira cette occasion pour faire dialoguer des œuvres achevées, déjà montrées, avec des pièces d'atelier tout juste amorcées qui profiteront de ce remix pour cohabiter.

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À la mode actuelle du display, Cécile Meynier préfère ce que l’on pourrait appeler, l’étalage, certains, diraient même, le bric-à-brac. Pour cette nouvelle exposition, « Pot-pourri », l’artiste projette de faire un medley de certains de ses hits, mais aussi de ses toutes nouvelles pièces, parfois encore inachevées, ou d’autres encore, remixées pour l’occasion.

 

Presque à la manière d’un cambrioleur, l’artiste vide son atelier, ses réserves, se précipite ensuite dans l’espace de l’exposition pour livrer sa farandole de trésors. De présentoirs en capharnaüms, il ne s’agit pas d’un inventaire, ni d’un vide grenier, ni même d’une exposition au sens classique du terme. L’artiste joue de l’ensemble de ces codes dans une présentation parfois extravagante, parfois précise, précieuse, voire religieuse.

 

C’est là que réside la force de cet ensemble, dans le doute qu’il réussit à instaurer entre construction et destruction, précision et indéfinition, rigueur et nonchalance, préciosité et fausse négligence.

L’artiste brouille les pistes, de telle sorte qu’on ne sait jamais si les peintures, les objets, les sculptures ou les environnements qu’elle propose sont des espaces dévastés ou au contraire méticuleusement et très délicatement construits et agencés.

 

De cet équilibre subtil est fait le travail de Cécile Meynier. Au premier regard, l’espace semble saturé, la vaisselle, cassée, les enduits, trop gras, les couleurs trop criardes ou trop fades, le geste, trop brutal ou maladroit et pourtant, cette fébrilité apparente laisse vite la place à une certitude. Chaque chose est à sa place, les couleurs si étranges, sont précises et les gestes parfaitement maîtrisés. Il se dégage alors une poésie infinie de ses grandes installations, que l’on pourrait nommer la poésie ou la justesse de l’écart.

 

L’écart, le mince liseré qui sépare l’ordinaire de l’extraordinaire, c’est l’endroit précis où se situe le geste de Cécile Meynier. Le geste, si simple et pourtant si complexe qui transforme une cloison en peinture, un débris en objet de vitrine, un bloc de béton en sculpture, une devanture en exposition, un pot-pourri en symphonie. L’écart, le très léger pas de côté que fait l’artiste pour passer du réel à l’imaginaire, du monde à l’art.

Alexandre Rolla

Vues de l'exposition, photos Cécile Meynier

 
Foules qui tiennent 
Ou comment faire tenir la population mondiale dans une chapelle ?

Né en 1958 à Villefranche-sur-Saône

Vit et travaille à Paris.

 

 

Guy Limone est un fin analyste. D’images, de statistiques, de couleurs qui submergent notre quotidien, nous quantifient ou modifient notre apparence. Dans ses carnets de peintre, on trouve aussi bien ébauches de projets que calculs bien millimétrés pour dompter des milliers de photos, des centaines de figurines et d’innombrables chiffres de statistiques. Des données que l’artiste organise pour recréer un nouveau monde où tout prend une nouvelle apparence. Sa véritable apparence.

 Afaf  Zourgani

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Artiste de renommée internationale (représenté par la galerie Perrotin - Paris, Hong Kong -), Guy Limone, qui vit entre Paris et Marrakech, a pris le temps de se poser cet été en Bourgogne pour mener de front deux projets : une résidence au sein du Centre de Médecine Physique de Mardor (Couches) et la préparation de son exposition à la Chapelle du Carmel à Chalon sur Saône en octobre.

Guy Limone s'est installé à Mardor et a partagé pendant un mois, son temps entre travail de création et ateliers artistiques participatifs mobiles. Il a progressivement investi les lieux avec ses œuvres et les réalisations des patients, ponctuant les espaces collectifs au gré des envies et des expériences, suscitant discussions et débats.

 

L’artiste a proposé d'aborder la couleur comme support à la mémoire, au souvenir et au partage des sentiments liés à sa présence. La couleur est matérialisée ici par de grandes feuilles de différentes teintes et par des multitudes d’images de magazines, que chacun a choisi, trié, découpé, assemblé, fixé pour former un tableau-collage. Tout comme Matisse qui eut recours au découpage dans de grandes feuilles de couleurs alors qu'il était alité, les participants aux ateliers ont transformé avec un minimum d'énergie et de manipulations, la matière colorée.

 

L'histoire de la peinture moderne fut marquée par des débats sans fins mais passionnants, de l'invention de la peinture monochrome au début du siècle (Kasimir Malevitch…) jusqu'aux années 60 et 70 (Yves Klein entre autre). La présence d'un artiste qui se définit comme peintre au sein de l'hôpital est aussi l'occasion de débattre du rôle de l'art dans nos sociétés et du rôle de la couleur au sein de l'art.

 

L'exposition au Carmel rend compte de cette expérience et présente en vis-à-vis  deux sortes de collages. D’une part, le travail personnel de l’artiste : des images de foules tirées de magazines collées sur de grandes feuilles de couleur. Entre la densité des foules et le vide occupé par la couleur seule, émane une tension qui se rejoue et se multiplie d'une  feuille à l'autre, d'une couleur à une autre. A la collection de foules de toutes époques de tous pays, de toutes sortes, se superpose un nuancier de couleurs qui transcende chaque image.

 

Face à cette installation, Guy Limone a d’autre part, aligné des collages d’images réalisés par les patients lors de sa résidence à Mardor. Ces collages sont le fruit d'un réapprentissage de gestes simples, par des personnes qui ont connus un accident grave dans leur vie. Chaque collage est parti du choix d'une couleur par chacun qui sert de support aux images collectées. Avec les collages colorés c'est l'énergie de la couleur que l’artiste a essayé de partager avec les participants de ses ateliers.

 

Les collages individuels réalisés par des personnes limitées dans leurs possibilités se trouvent confrontés à des images de foules, de masse humaine. Le geste de l'artiste, dans les deux cas semble en retrait. Qu'il associe simplement une image de foule à une couleur, ou qu'il favorise l'expression par le collage de personnes en phase de rééducation, son expression personnelle semble limitée. Or, c’est dans la confrontation des deux types de collages, tous réalisés sur le même support que le projet plastique se réalise.

 

Entre l'individu et le collectif, l'anonyme et le nommé, la surface des images et la profondeur de l'inconscient, le visiteur est invité à se déplacer. Pour l’artiste, les interventions dans les espaces et les ateliers collectifs sont une extension de ses recherches personnelles. Les échanges incessants de l'atelier à l'hôpital, de l'individuel au collectif, de la réflexion au manuel nourrissent la matière même des collages puisqu’il s’agit ici, de confronter la densité au vide, la couleur à la douleur, l’esprit intérieur à la foule. Une vidéo montrera quelques images des ateliers et de leur déroulement. D’autres travaux sont également présentés, notamment un "tableau" qui a marqué les lieux de la présence de l’artiste, suscitant de riches échanges avec des « habitants » de Mardor, comme avec les visiteurs.

Ce projet a été mené partenariat avec l’Association Hors Limites et sur proposition de Cécile Fromont, sa fondatrice. Hors Limites initie et accompagne des projets artistiques à l'interface des champs culturels, social, éducatif, de l'univers hospitalier, des milieux ruraux ou péri-urbains, dans une démarche partenariale, impulsant de nouvelles relations entre art et société.

 

Le projet de résidence a reçu le soutien de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et de l’ARS (Agence Régionale de Santé) de Bourgogne, dans le cadre du dispositif Culture et Santé.

 

Guy LIMONE

Vues de l'exposition.  Photos Myb

 
Résonnance

Né en 1962

Vit et travaille en Saône et Loire                                http://www.patricemortier.com/

Dans les années 1990, Patrice Mortier nous proposait de fixer sur la toile des paysages tirés de photographies prise de façon aléatoire le long de ses déplacements quotidiens.

Aujourd’hui, son rapport à l’image est toujours intense, du voyage vécu il est passé au voyage internaute. Si par leur présence les toiles semblent être un écho plus ou moins proche de la culture « pop», Il demeure qu’elles ne peuvent être issues que de notre époque.

Jean-François CAVRO

 

Musicien, compositeur

Vit et travaille à Lyon

 

Il est l’un des compositeurs émergeants sur la scène musicale.

Diplômé du Conservatoire National de Région (CNR - classe de Denis Dufour) et du Conservatoire National Supérieur de Musique (CNSM - classe de Philippe Manoury et Denis Lorrain) de Lyon, en composition instrumentale, électroacoustique et informatique musicale, Jean-François Cavro a également suivi le cursus de DEA musicologie du XXe siècle à l’IRCAM (Institut de Recherche et de Coordination Acoustique/Musique - Paris). Son travail de composition tente de rendre indissociable le langage instrumental, l’univers sonore concret et électronique et les paysages sonores urbains.

Il se présente également comme artiste du sonore en développant parallèlement à son travail de composition un vaste projet sur les paysages sonores, mémoire vivante du monde contemporain. Son approche s’inscrit dans une réalité urbaine et ouvre un champ autre à la lecture classique d’une ville. Il définit la ville non seulement comme un lieu mais aussi comme une accumulation de mouvements pluriels et d’expériences simultanées. L’environnement sonore est oublié, fugace, éphémère. Jean-François Cavro fixe cette mémoire sonore en perpétuelle transformation et nous permet de l’analyser et de mieux comprendre ainsi notre société. Celle-ci est de plus en plus urbaine, les sons industriels remplacent un par un les sons naturels. Les villes s’étalent dans une péri-urbanisation. Jean-François Cavro nous éclaire, par sa démarche, sur l’évolution de ce phénomène. Par ses constats et questionnements, il peut donner des réponses et des orientations à suivre pour les acteurs de la ville.

Depuis 1994, il se produit avec LABORINTUS. Jean-François Cavro est également lauréat de plusieurs concours nationaux et internationaux, parmi lesquels citons: Montevidéo (Uruguay), résidence d’artiste 2000/2001; Concours Chasseurs de sons (Radio France), depuis 1991; Concours International du Meilleur Enregistrement Sonore (C.I.M.E.S.),1997/1995; Sonic Circuits Electronic Music Festival,USA, 1999/1998; A.F.A.A., Résidence Villa Kujoyama (Kyoto), 1997; Prix Luigi Russolo (Italie), 1994/1993; Prix Ars Electronica (Autriche), 1994.

Patrice MORTIER
Halle ronde de Givry

 

Intéressé par l’espace circulaire de la Halle et ses grandes baies vitrées donnant sur le coeur de la ville, Patrice  Mortier utilise celles-ci comme des fenêtres ouvertes sur la vie, portraits d’un quotidien qu’on ne voit plus tant il nous est familier ; elles constituent pour lui autant d’événements au sens où George Brecht l’entendait : la notion «d’event», comme unité minimale (et maximale) d’exposition.

L’événement comme «sélection dans un univers limité» de résultats possibles (…) qui le rende transmissible par ou pour n’importe qui, de façon à réduire, selon Brecht, «la distance entre hasard et choix».

En contre-point de ces « événements » (ou nonévénements), Patrice Mortier a choisi le parti du contraste, du choc visuel et culturel avec l’installation de ses bâches.

Réalisées spécifiquement pour cette exposition :  «Hard rock cafe », «Beaubourg», «LVMH» et «Standard & Poors» constituent autant d’ouvertures pour nous emmener vers un tout autre univers, profondément urbain, sonore, et très éloigné de la tranquille bourgade.

Les tons saturés crépitent de l’énergie numérique d’une ville, d’une émotion «qui rend à l’esprit le son bouleversant de la matière» pour citer Antonin Artaud, où la réalité n’existe finalement plus qu’attestée par un média : Patrice Mortier extrait la trame numérique de la capture, la décompose pour la réagencer via une technique strictement picturale et la renvoyer sur les chemins de l’analyse.

On distingue dans la structure du tableau des ondes, des cordes vibrantes, des points d’énergies que la technique du peintre apprivoise et lie entre eux. Les tableaux de Patrice Mortier sont-ils encore des fenêtres, des écrans, des panneaux? Sans nostalgie pour un «ça a été» de la peinture, il nous montre avec bonheur la pertinence de celle-ci aujourd’hui. Au-delà du frottement fiction-réalité, les scènes peintes gardent dans leur traitement, la trace de différentes temporalités. Travestir l’image prélevée sur Internet, c’est donner à ces micros-événements le statut de séquences qui pourront former une histoire, rapprocher des mondes qui s’ignorent et sonder d’autres horizons.

De par leur format imposant, les impressions numériques sur bâche nous intègrent dans l’image tandis que la douceur de l’aquarelle et le traitement anaglyphe de la peinture dilue toujours plus la surabondance des images qui se superposent et s’évanouissent. Situation paradoxale du spectateur qui, s’il met les lunettes 3D, se trouve visuellement projeté dans la réalité d’une peinture à l’atmosphère aussi palpable qu’irréelle.

Cécile Fromont, 2012

Patrice MORTIER

 
A moitié

Né en 1969 à Lyon   -  Enseigne la sculpture à l’École des Beaux-Arts de Nîmes

Vit et travaille à Marseille

En partant de l’étonnement d’un lieu tranché en deux, où la moitié inférieure semble ignorer la moitié supérieure et inversement, un projet se déploie entre les deux et de l’une à l’autre moitié. Les aménagements successifs se superposent comme les époques s’emboitent dans le volume intérieur de la chapelle du Carmel. L’évidence de la limite des cimaises conduit à imaginer d’autres transitions pour découvrir des possibilités de sculptures. Si l’on pense aux mouvements, suspensions et chutes sont envisagées à partir d’une limite qui divise plus qu’elle n’occulte la partie haute. Les choix des matériaux et des gestes décideront de toutes les interactions futures que l’on préfère ne pas déterminer en amont de l’expérience à même le lieu.

A.V. juillet 2012

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Les formes audacieuses, énigmatiques et fragiles des sculptures d’Arnaud Vasseux résultent de la manipulation de matériaux simples, empruntés au catalogue des produits du bâtiment ou de l’industrie légère — avec une préférence pour les matériaux « à prise » : plâtre, résine, fibre de verre.

L’artiste porte toute son attention vers leurs propriétés physiques, leurs possibilités et limites techniques, à partir desquelles sont élaborées les procédures et manipulations inhabituelles qui vont infléchir le projet initial.

À ce caractère expérimental de la production de la forme se conjugue l’échelle des œuvres qui souvent dialogue avec celle du bâti et du lieu. Chaque intervention offre ainsi au visiteur les conditions d’une expérience — un moment d’intensité accrue de ses propres sens et de sa réceptivité à la charge esthétique et poétique — où le lieu et l’œuvre s’informent, se nourrissent et s’enrichissent.

Ainsi l’exposition n’est pas juste un moment à l’occasion duquel l’œuvre est ajoutée à un lieu, mais la réunion d’un espace et d’un temps de mise à l’épreuve, de mise en tension de l’action et de l’objet dans son articulation avec l’espace, un moment particulier de l’expérience, que renforce le caractère indéplaçable et éphémère des sculptures. 

Cédric Loire

Arnaud Vasseux

Vues de l'exposition

Photo de l’exposition   ©  A Vasseux